13/07/2013
A PROPOS DE : L'avenir de l'Europe
Dans le journal Le Monde daté du 5 juillet dernier l’ancien Premier ministre Alain Juppé déclarait : « L’Europe est en danger de mort parce que le sentiment d’euroscepticisme, et même d’hostilité, ne cesse de grandir dans beaucoup de pays. Il faut alerter les Français : le programme du Front national, c’est la déconstruction de l’Union européenne. Et si l’Union européenne disparaît, le pire redevient possible. Les pro-européens doivent se mobiliser et commencer par dissiper un certain nombre de mensonges. La crise de 2008 n’est pas née en Europe mais aux Etats-Unis, et si aujourd’hui nous sommes surendettés, ce n’est pas la faute de Bruxelles, c’est celle des Etats nationaux. »
On ne peut qu’être d’accord avec de tels propos. Il y a urgence. La mobilisation s’impose car les menaces sont lourdes de conséquences quant à l’avenir de l’Europe comme nous n’avons cessé de le dire depuis des mois, voire des années.
Et s’il est évident que lors des prochaines élections européennes le vrai débat ne devrait pas être un combat frontal entre droite et gauche mais un combat entre ceux qui croient en l’avenir de l’Europe et ceux qui n’y croient pas, encore faut-il dire de quel type d’Europe on entend se faire les hérauts.
Il ne suffit pas, il ne suffit plus de dire que l’on est pour ou contre l’Europe. Il faut faire le choix d’une Europe politique, d’une Europe puissance dotée précisément des instruments de la souveraineté, d’une Europe d’essence fédérale et dotée de sens, d’une Europe qui puisse répondre à l’attente des peuples qui la composent et être un grand dessein pour les femmes et les hommes des générations qui se lèvent.
Gérard-David Desrameaux
16:49 Publié dans A PROPOS DE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain juppé, union européenne, front national, crise de 2008, europe puissance
15/06/2013
L'AVENIR DES RELATIONS ENTRE L'UNION EUROPEENNE ET LA TURQUIE
Editorial
A la suite des révoltes qui se sont développées au début du mois de juin en Turquie, beaucoup d’intervenants sur les chaînes de radio ou de télévision ont, sur un ton souvent larmoyant et empreint de nostalgie, regretté la responsabilité que porterait, selon eux, l’Europe sur l’islamisation de la Turquie et sur le fait qu’elle se détourne désormais de l’Europe. Cette attitude résulterait, selon les mêmes, du fait de son refus de favoriser l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne.
C’est oublier que l’Europe n’a pas vocation à intégrer toutes les puissances du monde candidates à une adhésion. Les critères liés à une démocratisation de tel ou tel régime politique ne sauraient suffire.
Aussi, la position de M. Stefan Füle, le Commissaire européen à l’élargissement qui plaide en faveur d’une poursuite du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, à l’instar d’une partie importante de l’opinion publique, est de nature à nous interpeller.
Une puissance européenne ne saurait s’affirmer, nous voyons déjà les difficultés considérables qui existent entre les 27 Etats membres, en l’absence d’une vision globalement commune de la société, de valeurs et de principes communs et d’une identité socio culturelle.
La Turquie doit être un partenaire avec lequel on doit et on peut développer des échanges multiples et avec laquelle il convient d’établir des relations de confiance et d’amitié.
Elle ne saurait être, en revanche, un Etat membre d’une Fédération européenne qui hélas a déjà beaucoup de mal à s’affirmer, à se reconnaître et à s’identifier comme une puissance pleine et entière sur la scène mondiale.
Dire et écrire cela, ce n’est pas faire preuve d’ostracisme à l’égard d’une puissance, la Turquie, qui a vocation à jouer un rôle majeur dans sa zone d’influence et avec laquelle, il convient d’établir et de développer des relations cordiales dans le cadre d’une coopération efficace dans de nombreux domaines.
C’est aussi et surtout faire le choix d’une Europe dotée à la fois des instruments de la souveraineté, d’une personnalité et d’une identité lui permettant de s’affirmer précisément sur cette scène du monde évoquée précédemment.
L’union européenne ne devrait pas se substituer à une sorte d’ONU bis, fut-elle régionale mais devrait s’édifier en tant que puissance régionale à l’image des « Etats-Continents » qui émergent et s’affirment à l’horizon des décennies qui viennent.
Il s’agit bien de faire un choix entre deux démarches fondamentalement antagonistes.
Gérard-David Desrameaux
17:18 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : adhésion de la turquie, union européenne, stéfan füle, commissaire européen à l'élargissement, onu bis, etats continents
19/05/2013
UNE INITIATIVE EUROPEENNE POSITIVE
Editorial
« Mon devoir, c’est de sortir l’Europe de sa langueur (…) ». Cette phrase prononcée par le chef de l’Etat lors de sa conférence de presse du 16 mai 2013 mérite de retenir toute notre attention.
Il convient de saluer comme il se doit la proposition faite ensuite par le président de la République d’aller vers un fédéralisme budgétaire et vers la formation à terme d’un gouvernement économique de la zone euro.
J’ai trop souvent dénoncé sur ce site l’absence d’un véritable dessein européen chez la plupart des dirigeants français, et souvent aussi européens, pour ne pas taire aujourd’hui ma satisfaction de voir et entendre le chef de l’Etat reprendre l’initiative sur le terrain européen.
Nous appelions à l’audace, nous demandions aux Européens de conviction de s’exprimer.
Il faut désormais inviter tous les européens sincères et responsables de ce pays à emboîter le pas au président de la République et à faire en sorte que les intentions ainsi affirmées soient suivies d’effets et que des propositions concrètes soient formulées, propositions qui soient acceptables par nos partenaires.
Depuis des années, le RCE en appelle à la création d’une « Europe puissance » et à l’émergence d’une gouvernance européenne qui soit à la hauteur des enjeux.
Félicitons-nous de ce ton nouveau et de cette relance d’un projet fédérateur.
Il est en effet urgent de redonner aux peuples de l’Union et plus encore à ceux de la zone euro des raisons de croire et d’espérer dans le projet européen.
Ces peuples perdaient espoir car chaque jour des faits, des mesures prises, des décisions arrêtées accréditaient l’idée que l’Europe était défaillante et ne remplissait pas les missions qui lui incombaient.
Pensons à cette phrase, souvent rappelée sous ma plume, prononcée par François Mitterrand : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir.»
Oui, il est urgent de franchir de nouvelles étapes et d’aller vers ce fédéralisme qui donnera tort à tous les détracteurs de l’Europe.
Seul un vrai et authentique fédéralisme permettra par son caractère démocratique indiscutable de doter l’Europe, et plus particulièrement la zone euro, des instruments de pouvoir et d’efficacité ainsi que la légitimité nécessaire pour faire et agir au nom des peuples.
Il faut en appeler à tous les démocrates et républicains sincères que compte ce pays pour qu’ils renforcent par leurs initiatives et contributions cette démarche.
Plaçons au centre des élections européennes de juin 2014 la question fondamentale de la Constitution d’une authentique gouvernance économique européenne.
Gérard-David Desrameaux
* Se reporter à de précédents éditoriaux de ce site relatifs à la gouvernance économique de l’Europe
17:10 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : françois hollande, président de la république, françois mitterrand, fédéralisme budgétaire, gouvernement de la zone euro, harmonisation fiscale, rassemblement civique pour l'europe, la france est notre patrie, l'europe notre avenir, élections européennes de juin 2014















