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15/01/2026

La République ne peut plus attendre

 

Il y a lieu de s’inquiéter de l’absence de grand dessein et d’une vision claire quant au devenir de notre nation.

Notre vie politique, en effet, offre aujourd’hui un spectacle affligeant qui n’honore pas ses acteurs à quelque niveau qu’ils se situent.

Trop de postures, trop de caricatures et trop de clientélisme et de petites ambitions personnelles faisant fi de la notion d’intérêt général caractérisent cette vie politique.

Il est fondamental de transcender ces ambitions et dissensions subalternes qui ne peuvent qu’être néfastes pour l’avenir de notre pays et sa place sur l’échiquier international.

Le temps des tergiversations et des hésitations n’est plus de mise si tant est qu’il ait pu l’être à un moment quelconque de notre histoire.

Il ne suffit pas, il ne suffit plus de rappeler l’erreur initiale qui est à l’origine de la crise politique à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, à savoir la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par le chef de l’Etat le 9 juin 2024 au soir des élections européennes.

Face à une crise politique qui pourrait déboucher sur une crise institutionnelle, voire de régime, le moment n’est-il pas venu d’en appeler à une réelle culture du consensus et du compromis afin d’éviter à notre pays de connaître les affres du désordre et de l’impuissance ?

Pour atteindre cet objectif, il y a lieu, et je reviens à dessein sur un point essentiel qui me tient à cœur, à savoir la nécessité de modifier le mode de scrutin en vigueur en adoptant un système proportionnel permettant à nos forces politiques de retrouver une plus grande autonomie dans le jeu politique.

Toujours, en vue d’atteindre cet objectif, il me paraît opportun de s’engager vers une évolution de notre régime politique en s’inspirant du modèle de système politique* que je préconise depuis de nombreuses années, système qui permettrait d’éviter les crises auxquelles nous sommes désormais soumis au quotidien.

Il n’est peut-être pas trop tard, mais il se fait tard et la République ne peut plus attendre !  

Gérard-David Desrameaux.

 

Refondons nos institutions, d’une monarchie républicaine à une démocratie républicaine, Paris, Lanore, coll « Essais politiques », 2016.

De l’alternance au partage du pouvoir. Faut-il en finir avec nos modes de scrutin ? Paris, Bréal, 2017.

Pourquoi est-il urgent de modifier la Constitution ? Paris, Editions BOD « Ethique, Civisme et Politique », 2022.

25/06/2024

De la dénonciation de l'article 49-3 à l'exigence d'une majorité absolue pour exercer le pouvoir

Editorial

Je vois une contradiction flagrante chez ceux qui après avoir dénoncé avec force et souvent excès le recours à l’article 49-3 de la Constitution en appellent, à la veille d’une échéance électorale fondamentale pour l’avenir du pays, à l’obtention d’une majorité absolue au sein de l’Assemblée nationale au motif que sans une telle majorité il leur serait impossible d’exercer la plénitude du pouvoir et de mettre en œuvre leur programme.

 

Une fois de plus, je vois dans de telles contradictions une forme d’incohérence qui relève plus de l’agitation politique, voire politicienne, que du sens de l’Etat et du souci de l’intérêt général.

 

Certes tous les candidats à la présidence de la République depuis le début de la Ve République sollicitent du corps électoral qu’il leur accorde une majorité afin qu’ils puissent appliquer leur programme.

 

On peut évidemment comprendre ce souhait. Il est légitime. Pour autant, il y a une différence majeure entre un tel souhait et l’exigence de disposer d’une majorité absolue pour être en mesure de gouverner.

 

Prétendre que l’on ne peut gouverner en l’absence d’une telle majorité signifie que l’on refuse le dialogue et le pluralisme.

 

Nous savons tous que les recherches permanentes d’hypothétiques majorités absolues ne peuvent que déboucher sur des « majorités omnipotentes » donnant naissance à des « chambres d’enregistrement ».

 

Au cours des dernières décennies, un parlementarisme rationalisé souvent à l’excès et un mode de scrutin majoritaire à deux tours a favorisé le développement d’une bipolarisation souvent artificielle et des alternances radicales.

 

Aussi, depuis des années nous avons la certitude qu’à ces alternances radicales, voire brutales, il y avait lieu de substituer un partage du pouvoir.

 

Pour y parvenir, il y a lieu notamment de modifier notre système électoral en instaurant la représentation proportionnelle et de donner le jour à des majorités à géométrie variable et à des majorités d’idées en favorisant la recherche de légitimes consensus et compromis.

 

Le Parlement, lieu de dialogue, doit demeurer un creuset de la démocratie. Le pouvoir doit être partagé dans un Etat de droit.

 

Il ne peut être accaparé par une personne seule ou par un parti hégémonique.

 

 

 

Gérard-David Desrameaux

 

24/04/2024

De l'actualité de quelques formules

"La France est notre Patrie, l’Europe est notre avenir"

 

J’ai toujours eu à cœur de reprendre à mon compte cette phrase prononcée à plusieurs reprises par François Mitterrand, alors président de la République, adhérant en effet totalement à ce qu’elle implique et à ce qu’elle sous-tend.

 

Comment pourrait-il en aller autrement dès lors que l’on a pris conscience de la nécessité de voir s’édifier sur la scène du monde une grande puissance capable de porter haut et loin un message humaniste et de paix : l’Europe.

 

A cet égard, je n’ai jamais cessé de rendre hommage à des hommes politiques, à des hommes d’Etat qui, à l’instar des pères fondateurs de l’Europe, Monnet, Schuman, de Gasperi, pour nr ne citer qu’eux, ont permis à l’idée même d’Europe de s’affirmer, de se développer et de consolider l’édifice dont les premières pierres furent jetées au lendemain de cette guerre monstrueuse qui avait meurtri au plus profond de sa chair et de son sang notre continent.

 

François Mitterrand avait également coutume de dire qu’ « il faut donner du temps au temps » et là encore, il avait raison, car rien ne sert de brusquer les choses si l’on veut jeter les bases d’un édifice capable de résister aux aléas de l’histoire et à l’usure du temps.

Encore, convient-il d’ajouter à l’adresse des hommes politiques d’aujourd’hui que ce message suppose d’avoir une vision claire de l’avenir et un projet dépourvu de toute ambiguïté.

 

J’ai toujours regretté que nombre d’hommes et de femmes politiques appelés par la suite à développer le projet de construction européenne aient trop souvent privilégié l’élargissement à l’approfondissement et mis l’accent sur le primat de l’économie sur le politique.

 

Dans un monde qui n’a pas cessé d’être instable et dangereux au cours des décennies passées, nous n’avons pas su donner à l’Europe, les instruments de la puissance et la doter de la souveraineté sans laquelle elle ne peut faire face aux appétits sans limite de nouveaux Empires.

 

Ne pas avoir pris conscience de cela plus tôt est désespérant. Espérons qu’il ne soit pas désormais trop tard.

 

Enfin, au moment où l’on s’interroge sur les risques d’une troisième guerre mondiale, sans doute serait-il encore utile de méditer sur ces autres formules toujours émises par François Mitterrand, à savoir : « Le nationalisme, c’est la guerre » et « Les pacifistes sont à l’ouest et les missiles à l’est ».

 

A l’évidence, chaque jour qui passe atteste de la véracité de ces formules et de leur étonnante et triste actualité.

Gérard-David Desrameaux