29/10/2026
POUR L'INSTAURATION D'UNE ELECTION PRESIDENTIELLE A TROIS TOURS
Le temps des primaires revient désormais de façon cyclique quelques mois avant chaque élection présidentielle dans notre pays.
Or, contrairement à une idée reçue, la mise en œuvre des primaires telles quelles fonctionnent en France constitue une fausse bonne idée. Elle est inadaptée à la situation politique française, à notre histoire, à nos mœurs et coutumes politiques.
Les élections primaires sont déconnectées du temps réel électoral. Le candidat ou la candidate choisi(e) à la date de la primaire, est-il bien celui ou celle que l’on souhaite à la date de l’élection présidentielle ?
Elles peuvent engendrer un processus dangereux, voire une spirale infernale, d’autres parleront de machine à perdre, en amplifiant souvent artificiellement des conflits et des divergences entre les candidats.
Elles portent atteinte dans une certaine mesure au secret du vote qui est transgressé.
Le corps électoral des primaires est trop vague et aléatoire.
Elles accordent une trop grande place à la sondocratie et aux faiseurs d’opinion.
Elles ne règlent pas le problème de la division des candidats et ne mettent nullement à l’abri du syndrome du 21 avril 2002 les candidats des principaux partis.
Les primaires n’empêchent pas l’émergence de candidatures de substitution. Rien n’interdit, en effet, à un candidat n’ayant pas participé à l’élection primaire de se présenter, la nature ayant horreur du vide.
Il n’a échappé à personne qu’à l’exception notable de François Hollande en 2012, aucun des candidats désignés dans le cadre d’une primaire dite ouverte, organisée par un ou plusieurs partis, n’a été en mesure de remporter l’élection présidentielle suivant ladite élection primaire. Dans le même sens, souvenons-nous qu’en 2017, les deux candidats en compétition lors du second tour à savoir, Emmanuel Macron et Marine le Pen, n’avaient pas été investis dans le cadre de primaires.
En vérité, seule l’instauration d’un troisième tour à l’élection présidentielle, proposition iconoclaste que j’ai formulée il y a plus de quinze ans, permettrait une réelle démocratisation en offrant un choix beaucoup plus libre, plus ouvert à l’électeur.
C’est en effet, l’épée de Damoclès qui est au-dessus des candidats lors du premier tour de la présidentielle qui est néfaste à la liberté du choix de l’électeur, car hors les deux candidats arrivés en tête point de salut !
Instaurer une élection présidentielle à trois tours suppose une modification du premier alinéa de l’article 7 de la Constitution qui serait ainsi rédigé :
« Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un deuxième tour. Seuls peuvent s’y présenter les candidats ayant obtenu au moins cinq pour cent des suffrages exprimés au premier tour. Si la majorité absolue n’est toujours pas obtenue, il est procédé, le quatorzième jour suivant à un troisième tour. Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait des candidats plus favorisés, se trouvent alors avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au deuxième tour. »
Cette élection présidentielle à trois tours instaure dans les faits une « élection primaire généralisée » et institutionnalisée en offrant à l’ensemble du corps électoral un choix politique diversifié.
Le syndrome du 21 avril 2002 disparaît car le premier tour n’a plus pour effet, comme aujourd’hui, de ne sélectionner que les deux seuls candidats arrivés en tête.
En revanche, l’appel au vote utile, l’appel au rassemblement, retrouve tout son sens à l’issue du premier tour, car le peuple s’est alors exprimé en toute liberté et à l’abri de toute pression.
Dès lors, le deuxième tour présente l’avantage de permettre les rapprochements, ajustements et reports de voix nécessaires en vue de la constitution d’une future coalition sur la base bien concrète de résultats électoraux, et non plus sur la seule base de sondages hypothétiques, qui n’ont pas à se substituer à l’électeur et à le conditionner.
La stratégie d’union entre courants de pensée proches, ne se fait plus en amont de l’élection mais en aval du premier tour. Au troisième tour, on ne vote plus contre, mais pour. Il s’agit d’un vote d’adhésion.
L’idée proposée d’une élection à trois tours n’a pu prospérer faute d’un relais médiatique.
Traditionnellement, il n’est pas possible de procéder à une réforme électorale à moins d’un an d’une élection. Pour autant, il me paraît indispensable d’y songer dès aujourd’hui pour éviter que cet argument ne nous soit pas de nouveau opposé à la veille de l’élection présidentielle suivante.
Cette proposition constituerait un véritable et salvateur renouveau de notre vie politique, de nature à conforter notre démocratie pluraliste.
Gérard-David Desrameaux
12:59 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : troisième tour, élection présidentielle, primaire, syndrome du 21 avril 2002, article 7 de la constitution
05/03/2026
CONSPIRATION DU SILENCE AUTOUR D'UNE PRIME MAJORITAIRE
J‘ai toujours été critique à l’égard des modes de scrutin qui n’assurent pas une représentation équitable des forces politiques et ne permettent pas au pluralisme de s’exprimer vraiment comme il devrait pouvoir le faire dans un Etat de droit.
On ne peut dire sérieusement qu’il faut rapprocher les citoyens des politiques et réhabiliter la politique tout en acceptant un système qui privilégie la recherche de fausses majorités au nom d’une prétendue efficacité et d’une hypothétique stabilité.
On ne réhabilite pas la politique, en effet, si l’on ne fait pas le choix d’un mode de scrutin permettant aux forces politiques d’être elles-mêmes et de s’affirmer en toute indépendance, c’est-à-dire sans être obligées d’effacer une partie de ce qui fait leur spécificité et leur originalité dans le seul but de séduire un maximum d’électeurs.
Une digne représentation des forces politiques rendrait chacune d’entre elles libre à l’égard des autres et éviterait toute sorte de collusions, de contorsions et d’alliances souvent contre-nature, portant atteinte à la cohésion d’un courant politique auquel on peut par ailleurs adhérer.
Or, tel n’est pas le cas en l’espèce de ce qui se produit lors des élections municipales ou régionales dès lors qu’une prime de 25% ou 50%, selon les cas, est accordée à la formation politique ou à la coalition arrivée en tête, ce qui est injuste au regard du principe de l’égalité devant le suffrage.
Il s’agit en l’espèce d’une fausse représentation proportionnelle, d’un système mixte au caractère majoritaire affirmé.
L’octroi d’une prime majoritaire pour la formation arrivée en tête ne peut évidemment satisfaire ceux qui ont une conception plus exigeante des principes démocratiques et notamment de celui de l’égalité devant le suffrage cité précédemment !
Ce principe devrait en tout état de cause prévaloir sur le souci d’obtenir à tout prix une majorité de confort.
Or, que constatons-nous, si ce n’est la constitution d’une véritable conspiration du silence, chaque parti espérant sans doute arriver en tête et bénéficier ainsi de cette prime majoritaire.
Les défenseurs d’un authentique pluralisme devraient s’en offusquer. Hélas, j’observe que nombre d’acteurs politiques semblent s’accommoder d’un tel système pourtant critiquable au regard du juste équilibre des force politiques.
Il serait sain que les candidats aux élections municipales prennent position en toute transparence, en toute clarté et fassent tomber les masques.
Il serait sain également que les observateurs et analystes politiques fassent entendre leur voix pour dénoncer ce qui s’apparente à une violation de la règle selon laquelle une voix vaut une voix.
Il est important de mettre un terme au clan contre clan, au camp contre camp, en développant une culture du consensus et la recherche permanente de légitimes compromis.
Le pluralisme implique donc l’adoption d’un mode de scrutin plus respectueux des sensibilités politiques et des nuances du corps électoral, autrement dit d’une proportionnelle juste et équitable.
Il implique aussi de mettre un terme à cette conspiration du silence qui n’honore pas ceux qui y participent.
Gérard-David Desrameaux
Président-fondateur du Rassemblement Civique pour l’Europe
14:26 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gerad-david desrameaux, conspiration du silence, élections municipales, prime majoritaire
15/01/2026
La République ne peut plus attendre
Il y a lieu de s’inquiéter de l’absence de grand dessein et d’une vision claire quant au devenir de notre nation.
Notre vie politique, en effet, offre aujourd’hui un spectacle affligeant qui n’honore pas ses acteurs à quelque niveau qu’ils se situent.
Trop de postures, trop de caricatures et trop de clientélisme et de petites ambitions personnelles faisant fi de la notion d’intérêt général caractérisent cette vie politique.
Il est fondamental de transcender ces ambitions et dissensions subalternes qui ne peuvent qu’être néfastes pour l’avenir de notre pays et sa place sur l’échiquier international.
Le temps des tergiversations et des hésitations n’est plus de mise si tant est qu’il ait pu l’être à un moment quelconque de notre histoire.
Il ne suffit pas, il ne suffit plus de rappeler l’erreur initiale qui est à l’origine de la crise politique à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, à savoir la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par le chef de l’Etat le 9 juin 2024 au soir des élections européennes.
Face à une crise politique qui pourrait déboucher sur une crise institutionnelle, voire de régime, le moment n’est-il pas venu d’en appeler à une réelle culture du consensus et du compromis afin d’éviter à notre pays de connaître les affres du désordre et de l’impuissance ?
Pour atteindre cet objectif, il y a lieu, et je reviens à dessein sur un point essentiel qui me tient à cœur, à savoir la nécessité de modifier le mode de scrutin en vigueur en adoptant un système proportionnel permettant à nos forces politiques de retrouver une plus grande autonomie dans le jeu politique.
Toujours, en vue d’atteindre cet objectif, il me paraît opportun de s’engager vers une évolution de notre régime politique en s’inspirant du modèle de système politique* que je préconise depuis de nombreuses années, système qui permettrait d’éviter les crises auxquelles nous sommes désormais soumis au quotidien.
Il n’est peut-être pas trop tard, mais il se fait tard et la République ne peut plus attendre !
Gérard-David Desrameaux.
Refondons nos institutions, d’une monarchie républicaine à une démocratie républicaine, Paris, Lanore, coll « Essais politiques », 2016.
De l’alternance au partage du pouvoir. Faut-il en finir avec nos modes de scrutin ? Paris, Bréal, 2017.
Pourquoi est-il urgent de modifier la Constitution ? Paris, Editions BOD « Ethique, Civisme et Politique », 2022.
15:09 Publié dans Editoriaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gérard-david desrameaux, crise politique, système politique, république















