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05/03/2026

CONSPIRATION DU SILENCE AUTOUR D'UNE PRIME MAJORITAIRE

J‘ai toujours été critique à l’égard des modes de scrutin qui n’assurent pas une représentation équitable des forces politiques et ne permettent pas au pluralisme de s’exprimer vraiment comme il devrait pouvoir le faire dans un Etat de droit.

On ne peut dire sérieusement qu’il faut rapprocher les citoyens des politiques et réhabiliter la politique tout en acceptant un système qui privilégie la recherche de fausses majorités au nom d’une prétendue efficacité et d’une hypothétique stabilité.

On ne réhabilite pas la politique, en effet, si l’on ne fait pas le choix d’un mode de scrutin permettant aux forces politiques d’être elles-mêmes et de s’affirmer en toute indépendance, c’est-à-dire sans être obligées d’effacer une partie de ce qui fait leur spécificité et leur originalité dans le seul but de séduire un maximum d’électeurs.

Une digne représentation des forces politiques rendrait chacune d’entre elles libre à l’égard des autres et éviterait toute sorte de collusions, de contorsions et d’alliances souvent contre-nature, portant atteinte à la cohésion d’un courant politique auquel on peut par ailleurs adhérer.

Or, tel n’est pas le cas en l’espèce de ce qui se produit lors des élections municipales ou régionales dès lors qu’une prime de 25% ou 50%, selon les cas, est accordée à la formation politique ou à la coalition arrivée en tête, ce qui est injuste au regard du principe de l’égalité devant le suffrage.

Il s’agit en l’espèce d’une fausse représentation proportionnelle, d’un système mixte au caractère majoritaire affirmé.

L’octroi d’une prime majoritaire pour la formation arrivée en tête ne peut évidemment satisfaire ceux qui ont une conception plus exigeante des principes démocratiques et notamment de celui de l’égalité devant le suffrage cité précédemment !

Ce principe devrait en tout état de cause prévaloir sur le souci d’obtenir à tout prix une majorité de confort.

Or, que constatons-nous, si ce n’est la constitution d’une véritable conspiration du silence, chaque parti espérant sans doute arriver en tête et bénéficier ainsi de cette prime majoritaire.

Les défenseurs d’un authentique pluralisme devraient s’en offusquer. Hélas, j’observe que nombre d’acteurs politiques semblent s’accommoder d’un tel système pourtant critiquable au regard du juste équilibre des force politiques.

Il serait sain que les candidats aux élections municipales prennent position en toute transparence, en toute clarté et fassent tomber les masques.

Il serait sain également que les observateurs et analystes politiques fassent entendre leur voix pour dénoncer ce qui s’apparente à une violation de la règle selon laquelle une voix vaut une voix.

Il est important de mettre un terme au clan contre clan, au camp contre camp, en développant une culture du consensus et la recherche permanente de légitimes compromis.

Le pluralisme implique donc l’adoption d’un mode de scrutin plus respectueux des sensibilités politiques et des nuances du corps électoral, autrement dit d’une proportionnelle juste et équitable.

Il implique aussi de mettre un terme à cette conspiration du silence qui n’honore pas ceux qui y participent.

Gérard-David Desrameaux

Président-fondateur du Rassemblement Civique pour l’Europe

 

15/01/2026

La République ne peut plus attendre

 

Il y a lieu de s’inquiéter de l’absence de grand dessein et d’une vision claire quant au devenir de notre nation.

Notre vie politique, en effet, offre aujourd’hui un spectacle affligeant qui n’honore pas ses acteurs à quelque niveau qu’ils se situent.

Trop de postures, trop de caricatures et trop de clientélisme et de petites ambitions personnelles faisant fi de la notion d’intérêt général caractérisent cette vie politique.

Il est fondamental de transcender ces ambitions et dissensions subalternes qui ne peuvent qu’être néfastes pour l’avenir de notre pays et sa place sur l’échiquier international.

Le temps des tergiversations et des hésitations n’est plus de mise si tant est qu’il ait pu l’être à un moment quelconque de notre histoire.

Il ne suffit pas, il ne suffit plus de rappeler l’erreur initiale qui est à l’origine de la crise politique à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, à savoir la dissolution de l’Assemblée nationale prononcée par le chef de l’Etat le 9 juin 2024 au soir des élections européennes.

Face à une crise politique qui pourrait déboucher sur une crise institutionnelle, voire de régime, le moment n’est-il pas venu d’en appeler à une réelle culture du consensus et du compromis afin d’éviter à notre pays de connaître les affres du désordre et de l’impuissance ?

Pour atteindre cet objectif, il y a lieu, et je reviens à dessein sur un point essentiel qui me tient à cœur, à savoir la nécessité de modifier le mode de scrutin en vigueur en adoptant un système proportionnel permettant à nos forces politiques de retrouver une plus grande autonomie dans le jeu politique.

Toujours, en vue d’atteindre cet objectif, il me paraît opportun de s’engager vers une évolution de notre régime politique en s’inspirant du modèle de système politique* que je préconise depuis de nombreuses années, système qui permettrait d’éviter les crises auxquelles nous sommes désormais soumis au quotidien.

Il n’est peut-être pas trop tard, mais il se fait tard et la République ne peut plus attendre !  

Gérard-David Desrameaux.

 

Refondons nos institutions, d’une monarchie républicaine à une démocratie républicaine, Paris, Lanore, coll « Essais politiques », 2016.

De l’alternance au partage du pouvoir. Faut-il en finir avec nos modes de scrutin ? Paris, Bréal, 2017.

Pourquoi est-il urgent de modifier la Constitution ? Paris, Editions BOD « Ethique, Civisme et Politique », 2022.

22/05/2025

De la nécessité et de l'urgence de procéder à l'aménagement de nos institutions

MESSAGE

 

Si la Constitution de 1958 a permis de mettre un terme à la confusion des pouvoirs de feu la IVe République, elle a engendré par son parlementarisme rationalisé à l’excès une nouvelle forme d’instabilité politique.

 En effet, nos modes de scrutin et notre pratique politique favorisent le clan contre clan et cela a pour effet d’engendrer dans notre pays, depuis des décennies, un climat de guerre civile larvée se caractérisant par des discours radicalisés et souvent irresponsables.

 De fait, la vie politique française est rythmée par des alternances successives créant ainsi une nouvelle forme d’instabilité politique, tout nouveau pouvoir remettant en cause presque systématiquement ce qui .a été fait par le pouvoir précédent.

En s’appuyant sur les fondements de la Ve République et sur l’évolution de la Constitution, il y a lieu de préconiser la substitution au concept d’alternance celui du partage du pouvoir, autrement dit de majorités à géométrie variable, pour remédier à cette situation.

 Mais surtout, si l’on veut vraiment remédier au dysfonctionnement de nos institutions, il y a lieu de substituer au présidentialisme actuel un authentique régime présidentiel, répondant aux spécificités de la vie politique française.

Un tel régime permettrait à la fois d’assurer la pérennité desdites institutions et de revaloriser les fonctions de représentation du Parlement tout en assurant un meilleur équilibre des pouvoirs.

Gérard-David Desrameaux